TÉLÉCHARGER LIVRE BOUTEFLIKA MOHAMED SIFAOUI

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À propos des frères Bouteflika … Même si les discussions sont totalement secrètes, plusieurs sources parlent de réunions organisées entre les trois frères qui aboutissent à des décisions que Saïd se charge de transmettre et de faire exécuter. Tous les connaisseurs de la famille le savent : le premier ne fait rien contre les intérêts du second et le second ne fait rien qui pourrait être en contradiction avec les volontés du premier. Il a trop de respect pour lui. Y compris chez les Castro, entre Fidel et Raul la chose était différente.

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On s'engage dans les affaires de l'État, non pas pour l'honneur, la passion pour la chose publique, le statut ou la fierté de servir son pays, mais tout simplement pour s'enrichir. Même si ces écrits ont pu mécontenter plusieurs caciques du régime, personne n'a osé en contester formellement et officiellement la teneur et le contenu, pour la simple et bonne raison que tout ce qui a été révélé — admettons qu'il fut parfois incomplet et probablement en deçà de la réalité — traduit ce que subit le peuple algérien et qui reste largement méconnu de l'opinion internationale, en l'occurrence de tous ceux qui suivent de loin l'évolution de ce pays au fonctionnement si complexe.

Afin d'éviter d'avoir à répondre sur l'essentiel, le pouvoir a utilisé, comme à son habitude, certains de ses zélés relais et serviteurs pour me dénigrer et me diaboliser, sans aborder les éléments factuels exposés dans ces deux ouvrages. Tout ce qui a été évoqué n'a pas fait l'objet d'un réel débat encore mois suscité une quelconque remise en question : la mauvaise gouvernance, la corruption, la dilapidation de l'argent public, l'absence d'un véritable projet de société, l'islam politique qui a remporté la bataille culturelle, bref, aucun sujet de fond n'est traité.

Les journalistes aboient et le pouvoir passe! Surtout lorsque les écrits sont produits à l'étranger et en toute indépendance. Que s'est-il passé depuis l'écriture de ces lignes?

Bouteflika est toujours le Président, officiellement apte à gouverner ose-t-on prétendre, et l'ancien chef du DRS a été poussé vers la retraite en et remplacé. Il est chez lui, il ne s'occupe pas lui-même de son jardin, mais il reçoit beaucoup, pour un thé ou un café, jeunes ou vieux retraités de l'armée et les anciens caciques du régime qui viennent évoquer l'avenir ou refaire l'Algérie.

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Certains disent qu'il n'y a que chez lui, parce que probablement ils ont la conviction que son salon n'est pas sonorisé, que l'après-Bouteflika est clairement chuchoté, car ailleurs personne ou presque n'ose aborder le sujet, devenu tabou dans les sphères dirigeantes.

Comme si la classe politique — qui n'a jamais appris à vivre sans parrainage — se trouvait subitement orpheline. Cela étant dit, respectivement huit et sept ans après la publication de ces deux livres, même si, en apparence, rien n'a changé au niveau de la gouvernance, la situation a, en vérité, empiré.

Et pour cause : dans l'intervalle, le cours du pétrole a dégringolé il a ensuite repris quelques couleurs, mais les fluctuations installaient de grandes incertitudes et, en l'espace de quelques années seulement, l'Algérie a perdu, quoi qu'on en dise, son potentiel financier et se retrouve désormais dans l'incapacité d'acheter durablement la paix sociale notamment et de répondre aux exigences d'une société qui, après avoir goûté au mirage d'un libéralisme anarchique voire à l'hyperconsommation, doit se restreindre, réapprendre à vivre dans le réel, enfin se résoudre à l'austérité budgétaire et à ses conséquences.

De plus, cette interminable fin de règne ne laisse transparaître aucune perspective pouvant garantir un calme durable et, par prolongement, à tous ses voisins et partenaires, dont la France, une stabilité politique, institutionnelle et économique.

Que des troubles soient de faible intensité ou majeurs, il y aura de toute manière des conséquences qu'il faudra prévoir, auxquelles il est nécessaire de se préparer au moment où les sociétés européennes, de plus en plus travaillées par les populismes et les replis identitaires, observent, avec angoisse, ces flux migratoires nés le plus souvent des déstabilisations de certains pays, sans parler de la menace terroriste et du danger islamiste qui prospèrent lorsque les États sont fragiles ou chancelants.

Construit à partir d'entretiens, la plupart informels, avec des responsables algériens, civils et militaires, certains en activité, d'autres en disgrâce et en prenant en compte une connaissance propre de la réalité, cet ouvrage tentera de répondre à la question posée, en épluchant tout ce qui constitue le marasme.

Tout au long des pages de cet opuscule, au titre prémonitoire tant ce pays n'a jamais donné l'impression d'avoir trouvé sa voie , l'auteur raconte l'arrestation et la détention arbitraires qu'il a subies, tout en y insérant des réflexions qui annoncent déjà ce que vont faire ces nouveaux suzerains de cette Algérie ayant accédé à son indépendance après plus d'un siècle de colonisation ponctué par sept années de guerre.

Mohamed Sifaoui

Aucune stratégie d'éradication de la matrice idéologique de cette violence n'a été, ne serait-ce, envisagée. À la barbarie des salafistes, les militaires s'étaient suffi à riposter sans faire dans la dentelle.

Et c'est un euphémisme! Cette période a lourdement et durablement traumatisé la société algérienne. C'est un élément essentiel à retenir si on veut comprendre l'Algérie d'aujourd'hui et surtout l'inertie générale devant les agissements du régime. La brutalité aveugle des années a totalement anesthésié la population. Et pour un certain temps!

Aussi, tout en luttant militairement contre les salafistes djihadistes, le pouvoir a fait des représentants des Frères musulmans des alliés politiques, estimant à tort qu'un islamisme serait plus fréquentable qu'un autre. Durant cette époque, toute revendication de démocratisation des institutions, de sécularisation de la société ou de modernisation de l'exercice politique était combattue et marginalisé. Ceci pour rappeler que lorsque les factions terroristes enregistraient d'importantes pertes, les partis et courants intégristes — ceux liés aux Frères musulmans ou ceux proches des wahhabites saoudiens — remportaient la décisive bataille culturelle.

Pas moins de huit partis islamistes — toutes tendances confondues — y sont actifs. Depuis, tout est religiosité et bigoterie. Non pas que tout ceci soit structuré et fidèle au corpus salafiste, mais la société algérienne est largement influencée par l'islamisme.

La femme qui hérite moins que l'homme et la polygamie largement admise sont deux marqueurs suffisants, parmi beaucoup d'autres, qui montrent à quel point l'Algérie est empêtrée à la fois dans le suranné, l'obsolète et le désuet, en plus de ses traditionnelles contradictions culturelles, identitaires et sociologiques.

De surcroît, l'Algérie ne repose sur aucun projet de société susceptible de la moderniser. Aucun dirigeant n'en a véritablement inspiré.

En vérité, c'est l'incompétence et la médiocrité qui, depuis l'indépendance, ont agi au sommet de l'État tout en s'appuyant sur des fonctionnaires parfois formés et efficaces asservis par ce même clan qui a géré le pays comme on administre un squat, non pas reçu en héritage, mais récupéré par la force et dont on a, aucune raison d'en prendre soin, car le bien ne représente, aux yeux de ses indus- occupants, au-delà de sa valeur mercantile, aucune valeur sentimentale.

C'est un peu ça l'Algérie pour la plupart de ses dirigeants : ils l'aiment tant qu'elle est en mesure de les engraisser. Et ce qui est indûment amassé est immédiatement transféré à l'étranger — en Europe, en Amérique, dans les zones offshores, mais surtout dans des banques d'affaires installées dans les pays du Golfe où il n'y a quasiment pas de contrôle — comme pour avouer qu'ils n'ont aucune confiance dans le système qu'ils ont eux-mêmes érigé.

D'acheter de l'immobilier loin de chez eux, de se faire soigner ailleurs?

Transféré par

Il faut constater que très peu de régimes, même les tenants des Républiques bananières, agissent de la sorte. Dans cette attitude, on trouve le comportement habituel de beaucoup de dictateurs, mais pour les dirigeants d'Alger, il y a quelque chose de plus dont l'origine ne peut être que psychologique.

Mettons les pieds dans le plat quitte à s'attirer les foudres de tous les nationalistes algériens, ceux de Tlemcen comme ceux de Navarre : étaient-ils mentalement prêts à assumer la souveraineté de leur pays? Finalement, ne seraient-ils pas presque malgré eux d'éternels colonisés?

Et ceci est totalement vrai, car hormis du bricolage idéologique, on se demande ce qu'est l'Algérie : ni démocratie ni dictature ; État riche, société pauvre ; c'est la nation arabe, la moins bien arabisée et l'une des plus attachées à la langue française — y compris au sommet — mais c'est le pays qui rejette le plus la francophonie ; c'est davantage une nation islamisée et ré-islamisée qu'une société musulmane ; sous les allures d'une certaine homogénéité, le pays est traversé par les haines régionalistes, notamment contre les Kabyles ; une terre berbère ou la berbérité a été longtemps occultée, même quand des Berbères ont occupé les plus hautes fonctions, bref, difficile de définir ce pays dont le premier problème réside probablement dans sa perpétuelle quête identitaire.

Le peuple infantilisé, malgré lui, et parfois avec sa complicité inconsciente, n'a jamais été consulté sur des sujets qui, pourtant, le concernent. Alors qui sont les Algériens? Question posée très sérieusement, car on ne sait même plus aujourd'hui qui sont-ils tant la société semble, elle aussi, totalement déstructurée. Qui sont les Algériens aujourd'hui? Ceux qui, sur les réseaux sociaux, alimentent les théories complotistes, applaudissent parfois Daesh ou vont carrément rejoindre les organisations terroristes quand ils ne surfent pas sur un nationalisme exacerbé et xénophobe entretenu savamment par le régime?

Qui sont les Algériens? Ceux qui n'aiment ni les Français, ni les Marocains, ni les Africains, ni les Juifs, ni les catholiques, ni les Américains, ni les athées, ni les agnostiques, ni les femmes et qui ont probablement très peu d'estime pour eux-mêmes? Ou sont-ils ces jeunes dynamiques rêvant de laïcité, de féminisme et de démocratie, ces quelques rayons de soleil, ouverts sur le monde que l'on croise quelques fois au détour d'une lecture, d'un post sur les réseaux sociaux ou d'un programme de télévision?

Quel est le poids réel des islamistes, des nationalistes et enfin celui des démocrates? Ou alors la société, voyant la faillite du pays, a-t-elle vraiment démissionné laissant au régime le soin de liquider les affaires courantes? J'avoue qu'y répondre n'est pas une sinécure, surtout lorsque l'on constate les niveaux d'acculturation et de déculturation de la société. Depuis quelques années, une drôle de situation s'est imposée.

Désormais, le pouvoir fonctionne en dehors du peuple — et surtout de sa jeunesse — et le peuple avance en dehors du pouvoir. Une sorte de séparation amiable et discrète pour éviter l'affrontement et donc, le pire. Chacun fait sa vie sans donner l'impression de se soucier de son vis-à-vis. La situation ne peut être comprise que si l'on pèse le traumatisme, déjà évoqué, de la guerre civile sur la société algérienne.

Et le pouvoir le sait. Même si nous sommes loin de ce scénario catastrophe, affirmons-le quand même : depuis les années , l'Algérie n'avait jamais vécu une telle période d'incertitudes. Mais cette accalmie va-t-elle vraiment durer éternellement malgré les errances des dirigeants? Ce peuple — finalement sage ou blasé — qui a choisi de suivre une politique d'évitement fait mine de ne pas se soucier de ce qu'il subit.

Il est comme ces enfants maltraités montrant un visage en apparence normal, car préférant le déni à l'idée de subir de nouvelles violences.

Mohamed Sifaoui - Où va l'Algérie... et les conséquences pour la France.pdf

Ou encore des femmes battues qui préfèrent se taire par pudeur, par honte ou par peur. De l'autre côté, la population tente tant bien que mal de s'en sortir.

Les plus initiés à la chose politique perçoivent les raisons objectives d'être inquiets et pensent, à défaut de s'exiler eux-mêmes, à faire partir leurs progénitures. Comme lorsqu'un bateau coule, on cherche instinctivement à sauver d'abord les femmes et les enfants.

Évidemment la France est l'une des destinations privilégiées. Rassurante presque. Pour beaucoup d'Algériens, l'Hexagone c'est un peu, ce parent, à la fois si proche et si lointain, que l'on n'hésite pas à aller voir quand on a des difficultés. Il ne serait pas exagéré d'affirmer qu'il y a une relation quasi schizophrénique avec l'ancienne puissance coloniale. Les Algériens l'aiment et la détestent.

En vérité, on ne sait même plus s'ils aiment la détester ou s'ils détestent l'aimer tant le passé, l'histoire commune, le récit national préfabriqué, fantasmé, la propagande du régime et celle des courants islamistes, la passion que suscite ce sujet, et, par ailleurs, l'influence des médias hexagonaux et des chaînes de télévision, assidûment suivies par les Algériens ont tous un impact sur cette société.

Elle est, aujourd'hui, d'autant plus légitime que l'on connaît les risques graves qui planent sur ce pays, et donc par ricochet sur l'ensemble de la région du Maghreb, la France et le bassin méditerranéen.

Sa déstabilisation provoquerait, en effet, presque de façon mécanique, une onde de choc qui serait ressentie dans une partie des continents africain et européen, voire au- delà. À l'heure des reconfigurations, de l'effondrement de certains États- nations, de la dislocation de sociétés, paraissant pourtant, il y a peu, homogènes et solides sous des régimes autoritaires que l'on pensait même indéboulonnables, on ne peut pas se détourner de l'avenir de ce pays.

Autant de régions déstabilisées, en un temps express, dans la plupart des cas, en raison de choix hasardeux et dangereux réalisés par des autocrates et des dictateurs qui ont privilégié leur égocentrisme au détriment de la pérennité des États dont ils avaient illégitimement la charge. Dans le cas algérien, la situation a toujours été plus complexe, car les tenants du pouvoir réel ont rarement été clairement identifiés.

En effet, contrairement à la Tunisie, hyper-présidentialisée sous Ben Ali, ou à la Syrie de Bashar al- Assad, il serait faux de croire que l'Algérie a été exclusivement entre les mains des différents chefs d'État qui l'ont officiellement dirigée. Cette hyper-présidentialisation ne reposant, là aussi, sur aucune légitimité a incontestablement fragilisé le régime qui s'était consolidé en se construisant autour d'un alliage mi-civil, mi-militaire, difficile à identifier et donc à abattre.

Reviendront-ils au fonctionnement consensuel qui avait prévalu jusque-là, garanti par des équilibres entre l'institution militaire, la présidence et les services de renseignement? À voir. Des personnes fortunées mettront la main à la poche. Il vivait chichement et devait multiplier les piges sous pseudonymes auprès de journaux arabophones étrangers.

Naturellement, il ne se fera pas prier. Il livre à Abdelaziz et à Saïd Bouteflika tous les fonctionnements et toutes les nuances du service. Mais de plus, il désigne les collaborateurs les plus proches de Toufik et évoque toutes les missions dont il a connaissance.